Samedi 10 mars 2007

 Ce jeune homme avait en toute spontanéité

 l'art de se faire aimer et respecter par tout le monde 

 

 

 J'ai connu Tarik, Allah Yerhamou, lors d'une émission à Radio Bahdja à laquelle il m'invita en tant qu'auteur du livre " Recueil d'informations élémentaires sur la musique andalouse à Tlemcen" et durant laquelle nous avons passé deux heures, en compagnie de Nasreddine Baghdadi, à discuter de tous les aspects de cette musique qui retient notre attention et notre amour artistique. C'était «magnifiquement sympathique», comme dirait notre ami Youssef Touaibia !  

Par la suite, nous avons gardé contact par le biais de la voie Internet. C'est là que j'ai appris à bien le connaître et à apprécier sa personnalité pleine de civisme, de politesse et de gentillesse d'une part, et d'un amour plein d'ardeur pour son art qu'il maîtrisait très bien et pour lequel il ne rechignait nullement à faire des sacrifices juste pour sa promotion, d'autre part. Il aimait bien correspondre avec moi, tout autant que moi avec lui. Il m'exposait ses problèmes et contrariétés en espérant de ma part, sans réellement me le demander, des conseils ou des orientations que je lui envoyais avec ce plaisir que l'on ressent lorsqu'on a quelqu'un dans le cœur et qui sollicite nos services.

 

 

 

Ce jeune homme avait en toute spontanéité l'art de se faire aimer et respecter par tout le monde, que ce soit ses aînés, qui s'étonnaient, un sentiment qui se transformait par la force des choses en admiration, de son immense répertoire en dépit de son jeune âge, ou ses cadets qui, eux aussi, l'admiraient et rêvaient de devenir aussi doué et respectable que lui. 

 

Il n'y a aucun doute, notre culture, particulièrement celle de la musique arabo andalouse a perdu en Tarik un élément qui aurait pu, avec son talent et sa persévérance, redonner à cette musique son aura et son inestimable valeur. Tlemcen t'aimait et t'aime toujours. Elle te rend le vibrant hommage que tu mérites. Que Dieu te garde en Son Paradis, Tarik. »  

 

Mr. Mokhtar Hadj Slimane (Tlemcen)

par MERZAK publié dans : Témoignages
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Lundi 26 février 2007

Ma rencontre avec feu mon ami Tarik Hamouche 

 

Tout a commencé en fait par une rencontre en mai 2003 à Fès quand l'association Essendoussia s'est produite à Fès dans le cadre du festival de musique andalouse, organisé par la communauté urbaine de Fès, et que mon association (Ahbab Cheikh Salah) qui était également conviée que j'ai pu faire la connaissance de feu Tarik qui de prime abord était quelqu'un de très avenant, très souriant et très aimable.   

 

Ce fut une rencontre très fructueuse et nous avons pu passer des moments très agréables en sa présence et celle de son groupe ou je peux le décrire comme le pace -maker de l'association; rien ne se faisait sans lui en dehors de la présidente Mme MAADINI, que je salue à l'occasion.

Après notre séparation une fois le festival terminé, nous gardions des contacts épistolaires et même téléphoniques, surtout après la fin de son émission andaloussiate qui avait lieu tous les mardi de 21h-22h heures marocaines que je suivais attentivement et ou je notais tout ce qu'il disait avec attention, ce qui a permis d'enrichir mes connaissances sur l'art andalou.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Fès - 2003

 

 

Puis en juin 2004, se profilait à l'horizon un congrès maghrébin de radiologie à Alger et je n'ai pas hésité à m'y rendre, d'une part pour assister au fameux congrès, et rencontrer d'une  autre part les musiciens algérois que j'ai connus au Maroc lors de leur passage à Oujda.  

Sitôt arrivé à Alger le 02 juin et ayant terminé le congrès de radiologie, je prie contact avec feu Tarik et le professeur Nacer-Eddine Benmrabet qui a bien voulu m'inviter chez lui à dîner, ce qui fut pour moi un grand honneur.  

 

Quant à Tarik, on mijota l'idée de faire une émission sur la musique gharnatie à Oujda et au Maroc en général ; je n'avais pas l'habitude du direct et des émissions radio- télévisées mais je pris mon courage à 2 mains et on décida d'un commun accord de faire l'émission le 12 juin 2004, la veille de mon retour au Maroc.  

 

Le rendez-vous était donc pris le 12 juin 2004 devant la RT , Boulevard des martyrs à Alger, il faut dire que j'avais le trac et que j ai eu du mal à trouver un taxi pour me conduire à la RTA a des heures de pointe comme midi, mais comme j'ai parlé gentiment au taxieur, il m'a accompagné devant la RTA sans avoir payé un centime et là, feu Tarik m'y attendait avec son air jovial : il était 12h10 minutes. 

 

On discuta 10 minutes puis m'invita à déjeuner de façon très simple et courtoise près de la RTA dans un restaurant pas trop éloigné de la radio; nous avons mangé et discuté jusqu'à 13h30 sans parler un mot de l'émission, ce qui m'a mis à l'aise et à partir de là, je me suis décontracté. 

 

A la fin du déjeuner, il m'a offert 2 coffrets de cd de musique andalouse de Tlemcen correspondants à des noubas de l'école tlemcenienne: j'en fus très content et ensuite, on s'achemina vers le plus dur, à savoir, faire l'émission en différé avec autorisation au préalable de la RTA.  

 

On s'installa dans une belle salle de studio d'enregistrement et sans aucune préparation, il me rassura que j'étais assez décontracté et qu'on pouvait commencer l'émission de suite : aussitôt dit aussitôt fait. 

 

Ce fut dans une ambiance très relax que l'émission eut lieu et fut terminée 1 heure de temps après en ayant parlé de la musique gharnatie à Oujda, Rabat, et feu cheikh Salah, cheikh Bensmaine, de la musique andalouse marocaine de Fès, Tétouan, Tanger et Rabat ainsi que Chefchaouen. 

 

A la fin de l'émission, il me raccompagna jusqu'au perron de la RTA et nous nous sommes dits au revoir, j'avais presque les larmes aux yeux tellement, il m'a bien accueilli dans son studio et je lui ai prononcé une phrase en lui disant que je ne l'oublierais jamais de ma vie ; mais je ne savais pas que je n'allais plus le revoir mais heureusement, je l'ai eu au téléphone juste après la diffusion de mon émission le 29 juin 2004 et là , je l'ai appelé 5 minutes après l'émission avec mon ami Chaabane Nasreddine, directeur technique d'Ahbab Cheikh Salah et nous l'avons félicité pour l'émission et il m'a répondu que c'est aussi grâce à moi que l'émission a été réussie.  

 

La fin août, c'est à dire le jour de son décès le 30, je n'y ai pas cru car j'ai reçu un message d'un ami à Oujda me disant que Tarik était décédé mais ce n'est qu'en écoutant la radio que je m'en suis aperçu et la réalité fut très dure, moi qui l'eut connu.

Qu'il repose en paix et qu'il sache que les mélomanes ainsi que toute la famille musicale andalouse prie pour lui et qu'il restera à jamais gravé dans le coeur des personnes qui l'ont côtoyé.  Que dieu ait son âme en sa sainte miséricorde. 

 

  

Dr. Haddam Taha Mohammed  

Vice-président de l'association Ahbab Cheikh Salah. Oujda (Maroc).

A celle qui se reconnaîtra, Merci . 

par MERZAK publié dans : Témoignages
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